Virginia Woolf et George Eliot, 2026, huile sur toile, 44,5 x 35 cm

 

À la suite de la lecture du journal de Virginia Woolf, je découvre un article consacré à la mise en ligne de ses carnets de travail, notamment ceux qu’elle tenait en tant que journaliste et critique. L’archive constitue souvent un point de départ dans mes recherches : j’aime les zones d’ombre qu’elle contient, les fragments et les mystères qu’elle laisse apparaître.

 

En parcourant ces quarante et un carnets, une page retient particulièrement mon attention. Sur la droite, une soustraction inscrite à l’écart semble indépendante du reste du texte, comme une pensée parallèle surgissant au milieu de l’écriture. Ce dédoublement m’intéresse : il révèle une circulation de la pensée, entre réflexion intellectuelle et trace plus intime.

 

Je remarque également que ce carnet évoque particulièrement George Eliot. D’abord, je me demande qui est cet auteur, pour finalement réaliser que je ne connais pas cette autrice. Mes recherches me conduisent alors à découvrir une figure majeure de la littérature du XIXe siècle, oubliée dans l’histoire littéraire. Je comprends aussi que c’est précisément ce que souligne Virginia Woolf : l’importance de l’œuvre de George Eliot et la place insuffisante qui lui a été accordée. Cette admiration exprimée par Virginia Woolf me frappe d’autant plus qu’elle est rare. Recopier l’écriture manuscrite de Virginia Woolf, c’est aussi pénétrer une forme d’intimité et, le temps de la réalisation de la peinture, tenter de se mettre à sa place.